Accueil Site

Accueil
Nexus
       

Par Dr William Théaux

La négligence de la LG

Un texte sans blanc

 

 

   On parle en astro-physique de masse sombre - plus de 80% de la masse de l'univers, imperceptible pourtant et totalement mystérieuse. La Littérature Grise - la "LG"... c'est tout à fait d'autre chose ! quoiqu'on puisse exploiter leur comparaison : en volume, quantité, la LG constitue la plus grande part de la littérature - mais on la détecte mal, on la définit encore moins bien. Seule une littérature idéale à l'inverse de la littérature grise présente à nos yeux de la valeur. La comparaison s'arrête là ; aujourd'hui on pressent une fonction spécifique à la LG : il s'agit de la mémoire. Cette référence permet de théoriser le sort de la LG.

   Nous savons que la littérature idéale - la "LI" - dispute à la LG le titre de mémoire. Que ce soit les informations de 20heures, ou bien le magazine hebdo en papier qui nous informe vraiment sur tout... par exemple le Nouvel Obs et ses numéro spéciaux, un jour sur la Bible ; on oublierait presque que la Bible a été écrite sur terre si nous n'avions pas ces rappels historiques, ressortis à peu près une fois par an. Sans ces documentations répétées, nous perdrions vite la mémoire. La LI est essentielle pour que nous gardions une mémoire. Oui, certes mais une mémoire... fausse.

   La LG ne présente pas ce risque de fourbir une fausse mémoire; sans prétendre à la mémoire, elle en constitue la masse - l'essentiel de sa masse. Ce dont j'aimerais traiter ici, c'est de notre comportement vis à vis de la mémoire. Je me souviens m'être enquis lors de voyages ethnologiques en amérique du nord, sur la mémoire que les indigènes défunts avait laissée à leurs descendants actuels - je m'explique : les européens qui ont migré pour faire les USA étaient des gens qui savaient un peu lire et écrire, ils allaient en famille avec un chariot, construisait une maison, mourraient. Dans les villages je demandais si les familles actuelles avaient des écrits, des carnets, des recommandations que leurs aïeux avaient laissé. Eh! bien, rien du tout ! l'indigence du legs de la mémoire individuelle, populaire (tranchant avec aujourd'hui la passion d'écrire des blogs).. cette indigence est remarquable. Ces colons avaient aucun soucis de laisser le moindre mot subsistant de leur vie. On dirait que la préoccupation de laisser une mémoire est proche de zéro. Évidemment on tient à se reproduire, à laisser des enfants et des petits enfants ; mais un comportement aussi opposé que manifeste, probablement associée à quelque complexe de culpabilité, donne l'apparence d'une haine profonde de la mémoire qui résume une vie.

   A la découverte de la LG, on découvre d'abord que ce n'est pas un sujet attire beaucoup d'intérêt ; certes il y a des spécialistes, mais bien peu. Pourtant, c'est à peu près 80% de la masse de la littérature. Ne revenons pas à l'astro-physique mais, en tenant l'idée de la mémoire, passons à la biologie. Non seulement les personnes se soucient peu de conserver leur histoire - mais lorsqu'une histoire est écrite, nous constatons l'étonnant sort du témoignage. On en fait un mythe. Nous avons l'exemple d'Oedipe. Le mythe d'Oedipe est probablement une histoire 'vraie'. C'est une probabilité sinon une évidence, que nous refusons d'envisager. De ce point de vue, on a l'impression qu'on ne s'intéresse nullement au corps. Ce qui a été vivant, l'essentielle biologie de la personne semble être l'objet d'un rejet, peut-être d'une haine profonde.

   Nous savons qu'un corps idéal - un i'(a) - revendique une attention primordiale. Dans les magazines, dans les yeux de nos semblables, là où Kali fornique à la pointe de l'évolution, nous plaçons notre corps au sommet de notre vie, et à la base même l'esclave garde une valeur de corps. Notre corps est essentiel pour que nous restions en vie. Oui, certes mais... un semblant de corps.

   C'est pourquoi nous nous demandons : quel est le corps réel d'Oedipe, ou par exemple encore, de Trismégistes ? Avons-nous la même répugnance, ou la même indifférence, la même ignorance du corps d'Oedipe que nous ignorons, négligeons, oublions la LG ? Il y a des jours et des jours, je déduisais dans une conférence que la LG était le corps. Faut-il se demander si le corps est LG ? Comment peut-on se demander une chose pareille lorsque l'on a fait l'amour avec une jolie femme, ou que l'on a lu un beau livre ?

 


partie ci-dessus éditée sur hermétisme2006.com - partie ci-dessous 1er édition


   C'est ici que j'ai sectionné cette page - ne livrant que la partie ci-dessus à l'édition du Bulletin/News-Letter de Décembre 2004 du projet H26 ; la suite ci-dessous est trop interprétative pour être présentée - ou du moins n'est présentable que dans un site déjà éculé de tentatives rejetées ou ignorées d'expliquer - mieux que par une Religion de la Mort - l'œuvre possible de la psychanalyse ; la question qui s'y pose est celle du futur du corps. Lacan avait déjà fait remarquer qu'il n'était pas du tout sûr que le corps humain fut mortel - ce qu'au demeurant et contradictoirement il affirmait généralement en restant bien dans la norme qu'il qualifiait d'être pour la mort. (voir la figure mythologique Charon, passeur du pont, bac, Religion de la Mort). Mais si le corps humain est susceptible d'évoluer, par quelle tournure le saisir ou le vouloir ? Avec cette question en tête, je poursuis cette page par réflexions de travail l'une après l'autre égrenée..:

 

Instruits que la personne historique d'Oedipe n'intéresse pas des psychanalystes qui tablent  sans corps 

   Contre le n'en-rien-vouloir-savoir lexique - de l'historicité d'Oedipe - pareille belle familiarisation du vide ne nous dispense pas de chercher, chiner la Littérature Grise. Dernièrement on mesure la découverte des carnets alchimiques d'Isaac Newton. S'il est pertinent d'identifier ces documents à de la LG, il y aurait donc de la LG qui soit consciente de soi. Or un texte qui se dénomme (la magie mercurielle) et se désigne (soustrait à l'idéal) - n'est pas signifiant pour un autre signifiant ; il est du registre du code. C'est le cas des carnets alchimistes, qui déclarent leur non publication, au motif du dénommé hermétisme et/ou mercuriel. Ce corpus avait rejoint la LG par exclusion, mise à l'écart. Mais on observe aussi une forme incluse, grisée et masquée dans et par la Littérature Idéale ; ainsi l'inaperçu d'une véritable topologie dans des textes classiquement édités de Kepler. Il s'agit alors d'une LG par scotome, mise à l'insu. Ces deux mises 'à l'écart' et 'à l'insu' sont à l'usage du n'en-rien-savoir de la volonté humaine. Comme du corps d'Oedipe, l'Idéal n'en sait rien. Par contre nous en avertissant, nous pouvons alors nous demander : ce corps et cette LG sont-ils pour autant identiques?

 

Sans corps Oedipe disent-ils, mais alors quel est le corps de cette écriture grise ?

   Si nous identifions la littérature hermétique à la littérature grise, nous égalisons comme la LG à coté de la littérature idéale, l'hermétisme à côté de la littérature sacrée - premier auteur Moïse. Tandis qu'elles se disputent le tabou, l'intouchabilité, on voit sur leur scène aussi des corps s'éclipser, se dissiper ou se cacher : Orphée dispute à Moïse sa physicalité ; le premier parle, l'autre transmet. Orphée est mythique, Moïse historique mais disparu - entre eux deux, Oedipe cherche d'où vient son désir - haché, percé, computerisé menu, c'est à la machine qu'Oedipe finit par disputer un corps (ref:Cocteau : La machine infernale).
   Ainsi en aphorisme et question : Si comme le chromosome est corps en code, la littérature grise est code - quel est le corps d'Hermès Trismégiste ?

Négligence de la LG - négligence du corps historique... La LG serait ce/le corps ?

  mais si la LG est corps Réel - comment s'écrit-il ?  

   Je n'ai pas fait autre chose en cette présente page que répéter ce que je présentais il y a plusieurs mois. Ce sont des conclusions abruptes : il y a fusion, confusion, collusion entre le réel corps humain et la littérature grise. Mais s'en affligerait-on au motif d'une machination, ce serait sans voir son évolution ; il ne s'agit pas de s'arrêter à la cybernétisation du corps, au bio-drone, cyborg ou autre replicant (Blade Runner) mais d'y ajouter l'énigme posée par T.Leary et déposée par la monstrueuse (sphynxière) psychohistoire ; il s'agit de la païdomorphose.
   Il n'est pas facile de traiter cette question car nous nous l'interdisons. Pourtant, avec l'aide de la notion de LG, nous pouvons substantifier la troisième voie que le freudisme intercale entre les deux théories, Lamarck et Darwin, de l'évolution. Entre respectivement la puissance et le hasard, la psychanalyse ajoute l'Inconscient, ou plus techniquement l'Autre (Grand 'A' du Lacanisme). Lorsque l'environnement devient propice à l'évolution, le concept de païdomorphose souligne que c'est encore doublé par l'épisode du développement que l'enfance (païdo) organise la forme (morphose) qui va rivaliser soit à la puissance, soit au hasard. Ledit développement, c'est l'essentiel de la théorie freudienne, de l'organisation des pulsion a lieu dans un contexte de traces réglant autant la sélection naturelle que la formation d'acquis. Ici se joue le jeu de la LG, code qui le développe dans l'Autre.

On voit bien que cette façon d'écrire est déliquescence (*) - ce qui est écrit ci-dessus n'est pas plus compréhensible que Freud.

 


3em partie ci-dessous - larguées les amarres ; contribution de la génétique à l'intelligibilité de la LG, en passant par l'Intelligence Artificielle :
SUITE


 

 

(*) Je redresse néanmoins le jugement de déliquescence qui frappe une approche de la notion si fluide de païdomorphose ; en revenant sur une notion plus saisissable de la simple bévue qu'affiche l'ignorance de l'Oedipe physique, historique, personnage politique encore conséquent jusqu'à présent :
   A ces questions variées que je pose vient à propos une conférence de la claire Céline Lafontaine, universitaire de pointe mais pointe de la lance de l'effarouchée ; qui prend nettement parti contre la cybernétique, le post-modernisme et le post-humain. Or ces issues du modernisme ne sont mortelles que suivant le fait que le modernisme, déjà, avait oublié le corps. Ce n'est pas le post-modernisme qui invente qu'Oedipe est un mythe ; c'est bien à partir de la Renaissance que la modernité escamote le corps d'Orphée, de Trismégiste etc... privant du coup la Littérature Grise du ou des corps qu'elle pourrait être.


DWT
©20041218210407

 

Accueil Site

Accueil
Nexus